Collectif Pouvoir d'agir…

Des idées en action

Suites du rapport Bacqué/ Mechmache : Ca ne se fera plus sans nous !

Invités mardi 10 décembre dans le cadre d’un débat organisé par Centre Sud en partenariat avec le collectif Pouvoir d’Agir, Mohamed Mechmache et Marie Hélène Bacqué ont fait le point sur les suites du rapport qu’ils ont rendu au Ministre délégué à la ville en juillet dernier.

D’avril à juillet 2013, Mohamed Mechmache (Fondateur de AC le feu) et Marie Hélène Bacqué (Sociologue et Urbaniste) ont sillonné la France à la rencontre de plus de 300 acteurs des quartiers de la politique de la ville. Ils ont également constitué une commission d’une vingtaine de personnes engagées dans la politique de la ville (dont des membres du collectif pouvoir d’agir) afin d’élaborer le rapport que vous trouverez ci-dessous. Enfin, une conférence citoyenne a réuni début juillet 120 acteurs des quartiers venus de toute la France pendant deux jours à Saint Ouen qui ont validé et amélioré la proposition. Ce rapport commandé par le Ministre délégué à la Ville qui a laissé carte blanche à ses deux rédacteurs lui a été remis le 8 juillet dernier.

Rapport-Bacqué Mechmache 8 juillet 2013

synthese_presse_rapport_bacqué Mechmache

Le projet de loi, qui ne reprend qu’une (petite) partie des propositions, ayant été débattu à l’Assemblée Nationale le 22 novembre dernier et devant passer au Sénat en janvier, nous pouvons maintenant mesurer les avancées et ce qui reste à faire.

– Le principe de co-construction est reconnu par la loi, c’est mieux que la participation mais nous sommes loin d’un cadre qui garantirait la co-décision sur les politiques qui concernent les habitants des quartiers populaires.

– Les tables de quartier proposées par le rapport se retrouvent sous forme de conseils citoyens. Nous espérons encore qu’ils puissent devenir des coordinations citoyennes de quartier et qu’ils soient laissés à l’initiative des habitants et associations.

– Les modalités de financement indépendants des initiatives citoyennes ne sont pas pour l’instant prévues. Un groupe de travail devant rendre un rapport six mois au plus tard après l’adoption de la loi.

Lors du débat nous avons partagé notre déception au regard de la « frilosité » des propositions retenues qui ne sont pas de nature à provoquer un choc de démocratie et de reconnaissance des milieux populaires. Dans le même temps nous comprenons bien que cela mesure le rapport de force dans la classe politique et au sein des institution entre celles et ceux qui sont convaincus de la nécessité de faire la et les politique(es) autrement et ceux, majoritaires, qui n’en veulent pas ou n’y croient pas.
Bien conscients que l’avancée vers une démocratie plus vivante et renouvelée ne dépend pas que de la loi et des institutions et que les acteurs associatifs ont une part du travail à faire, nous nous associons à l’appel à constituer le 8 février prochain la plate forme des acteurs des quartiers populaires qui permettra de faire entendre au niveau national le point de vue des acteurs des quartiers.
Nous allons également nous coordonner pour mettre en place des démarches au plan local afin d’encourager et soutenir l’émergence des coordinations citoyennes de quartier. C’est dans cet esprit que nous nous engageons dans l’expérimentation, soutenue par l’ACSE et coordonnée par la Fédération des centres sociaux, de 12 tables de quartier (Coordinations citoyennes de quartier) portées par des acteurs associatifs (5 centres sociaux et 7 autres).
Nous poursuivons la mise en réseau d’initiatives qui dans leur diversité illustrent au quotidien que les habitants des quartiers populaires ne sont pas des porteurs de handicaps ou de problèmes, mais qu’ils ont l’énergie et la compétence pour se mobiliser sur les enjeux majeurs de leurs vies (l’emploi, l’éducation, le logement, la sécurité…). Ces initiatives démontrent le potentiel de transformation présent au sein de la société, mais leur isolement ne permet pas de peser autant qu’il faudrait pour de réelles et nécessaires transformations sociales: c’est le moment d’y remédier en favorisant leur mise en synergie.
La partie ne fait que commencer, la période des municipales doit permettre de faire entendre la voix de celles et ceux qui veulent que notre démocratie associe tout le monde, une pétition sera prochainement lancée pour revendiquer la reconnaissance et le soutien à la démocratie d’interpellation.
Enfin, les propositions du Rapport Bacqué-Mechmache constituent une bonne feuille de route pour des revendications locales y compris en dehors des périmètres de la politique de la ville.
Nous prendrons une initiative dans ce sens dans les jours qui viennent.
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Cette entrée a été publiée le 30/11/2013 par dans Politique de la ville, Ressources, et est taguée .
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